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Congrès Régions de France – Les Régions réaffirment leur volonté de piloter les politiques de l’orientation, de la formation et de l’emploi

C’est une parole ferme qui s’est exprimée dans le cadre du congrès des Régions de France, avant et après l’intervention du Premier ministre Édouard Philippe, jeudi 27 septembre, à Marseille. Le chef du gouvernement a eu beau assurer que « la décentralisation est incontestable et irréversible », c’est une accusation de « recentralisation » qui domine, sur fonds de critique du dialogue et de la méthode gouvernementale. L’orientation et la formation n’y échappent pas.

Dans le champ de la formation, c’est une incompréhension persistante qui se manifeste devant le retrait de l’essentiel de la compétence apprentissage aux Régions. Colère d’Alain Rousset qui affirme que « c’est la première fois depuis les lois de décentralisation de 1982 qu’une compétence régionale disparaît, alors même que l’apprentissage repart à la hausse ». Le transfert aux branches passe d’autant moins que le président de la Région Nouvelle Aquitaine estime qu’il repose sur « le lobbying de Pierre Gattaz, 1, qui représente des entreprises qui recourent peu à l’apprentissage ». Mais avant même que ne soit discuté le fond, c’est la méthode qui génère de l’incompréhension : comment co-construire quand les phases de « concertation » engagées par le Gouvernement ne sont perçues que comme des séquences d’ « information » par les Régions ?

Pilotage

Estimant que ces dernières représentent « environ 80 % des budgets consacrés à la formation professionnelle, hors plan d’investissement dans les compétences », le président de Régions de France, Hervé Morin, relie pénurie de main d’œuvre et absence de pilotage de la formation professionnelle : « nous avons besoin d’avoir une collectivité maître d’œuvre et pilote de la formation professionnelle et des politiques de l’emploi, pour essayer de bâtir des réponses fines, par bassin d’emploi », insiste-t-il.

Méthode

En matière d’orientation, pourtant compétence régionale renforcée dans le cadre de la loi du 5 septembre 2018, c’est aussi une forme d’agacement qui domine. Car si la Région dispose désormais de cette compétence qu’elle réclamait depuis des années, il n’en reste pas moins que « le pilotage des politiques d’information nécessite des moyens », estime Hervé Morin. Et tant au niveau du « transfert des personnels que des financements d’opérations », c’est l’inquiétude qui règne. « Il n’y a pas de projet d’ensemble pour travailler avec l’Éducation nationale, c’est le flou le plus complet », estime Marie-Guite Dufay, présidente de Bourgogne-Franche-Comté. Pour le président de Régions de France, il faut là aussi revoir la méthode, pour aboutir à « un système simple où Éducation nationale, Régions, départements et professionnels soient ensemble pour bâtir les politiques d’information des jeunes et des familles ».

Dialogue

Peu concluant lors du congrès Régions de France, le dialogue État/Régions a tout aussi peu de chance de s’améliorer dans le cadre des prochaines conférences nationales des territoires, dont le format est désapprouvé par les Régions. Prochaine occasion de s’accorder le 19 octobre prochain, avec la réception d’une délégation de Régions de France par le Premier ministre.

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