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L’enseignement agricole public se mobilise pour répondre aux enjeux de la réforme

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation lance un plan d’accompagnement sur trois ans pour aider les établissements publics d’enseignement agricole à passer le cap de la réforme. Ce dispositif a été présenté aux directeurs d’établissements et centres de formation réunis à Paris, les 17 et 18 octobre, à l’initiative de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER).
Trois demi-journées d’information et de débats dans une salle comble avec en point d’orgue la visite de deux ministres : Didier Guillaume récemment nommé à l’Agriculture et à l’Alimentation et Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Le séminaire organisé les 17 et 18 octobre sur le campus de Sorbonne Université à l’initiative de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) a été un événement marquant pour les acteurs de l’enseignement agricole public.

La réforme qui offre davantage d’autonomie aux individus, libéralise l’offre d’apprentissage et modifie le principe de financement des centre de formation d’apprentis, suscite en effet de nombreuses interrogations voire inquiétudes. Quel positionnement adopter sur un marché ouvert à la concurrence ? Comment piloter et développer son activité dans le cadre du nouveau mode de financement ? Quelle organisation mettre en place au sein des établissements et au niveau régional ? Devant plus de 450 personnes – directeurs d’établissements et centres de formation qui ont pu échanger avec leurs parties prenantes (organisations professionnelles, syndicats de salariés, Opca, etc.)-, Didier Guillaume s’est voulu rassurant. « L’enseignement agricole est une pépite  », qu’il entend défendre et soutenir dans la délicate phase de transition.

Un plan doté de 650 000 euros

Le ministre de l’Agriculture a ainsi annoncé le lancement d’un plan d’accompagnement sur trois ans doté d’un budget de 650 000 euros. Éaboré par AgroSup Dijon et déployé au niveau régional par les Directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf), ce plan a pour objectif d’aider les établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA) à se mettre en ordre de marche : évolution des compétences de leurs équipes, définition d’un nouveau modèle économique, adaptation de leurs pratiques pédagogiques et de leur offre, préparation à l’obtention de la nouvelle certification… Les chantiers sont nombreux.

Mais les acteurs de l’enseignement public agricole ont pour eux de nombreux atouts comme l’ont rappelé Didier Guillaume et Muriel Pénicaud, la ministre du Travail : une forte expertise en apprentissage (les trois-quarts des 34 200 apprentis dans le secteur agricole sont formés par des établissements publics), de bons taux de réussite et d’insertion, un fonctionnement en réseau piloté au niveau régional par les Draaf et des établissements dont l’organisation se rapproche des campus des métiers que le gouvernement entend développer. Les EPLEFPA où « coexistent trois voies de formation essentielles pour permettre aux jeunes de trouver leur chemin vers l’emploi qui leur convient », constituent selon Didier Guillaume « un modèle d’avenir ». Un modèle qu’il faudra cependant peaufiner. Sur le terrain, certains établissements se résument à une addition de centres et de sites, observe Olivier Lorette, directeur de l’EPLEFPA de Douai. Travailler de manière décloisonnée sera à l’avenir nécessaire pour faire des EPL de véritables campus.

Dialogue avec les branches

D’autre défis seront à relever : être en capacité d’accueillir des apprentis tout au long de l’année ; proposer des parcours de formation tenant compte des acquis ; développer l’apprentissage au niveau CAP et Bac Pro dont la progression s’avère moins forte que dans le supérieur ; renforcer le dialogue avec les branches professionnelles impliquées dans la construction des diplômes et chargées de déterminer le taux de prise en charge des contrats d’apprentissage. Une des difficultés pour les acteurs de l’enseignement agricole qui ont déjà tissé des liens étroits avec les professionnels, c’est l’émiettement du secteur composé d’une quarantaine de branches, précise Muriel Pénicaud.

Au cours du séminaire, la ministre du Travail a pris le temps de détailler les mesures de la loi, y compris le volet financier qui constitue un sujet sensible. « Demain, vous pourrez ouvrir ou développer vos sections en ayant l’assurance que vous aurez le financement de la formation pour tous les contrats qui seront signés » a rappelé Muriel Pénicaud. Afin de rassurer les établissements, la DGER a fourni des précisions sur les modalités de fixation du niveau de prise en charge. Outre les coûts d’ingénierie pédagogique, de fonctionnement et de personnel, seront pris compte : les coûts d’équipements pédagogique, les charges d’investissement sur ces matériel, les frais afférents à l’accompagnement des jeunes et notamment des élèves en situation de handicap, ou encore les frais liés à la mobilité, aux internats et à la cantine.

Dans ce contexte de transformation, la DGER continuera à apporter son soutien aux établissements, a assuré Philippe Vinçon, son directeur, estimant que la réforme est aussi l’occasion de donner à l’enseignement agricole un nouveau souffle.

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