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Les prépas apprentissage sur les rails

Muriel Pénicaud a annoncé, lors d’une visite au salon Jeunes d’avenir à Paris le 18 septembre, le lancement d’un appel d’offres pour les « prépas apprentissage ». En présence de Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi, elle a précisé que les 965 centres de formation d’apprentis (CFA) du territoire national pourront y répondre dès le mois d’octobre.

Ce dispositif, qui pourrait être effectif en janvier 2019, est conçu pour donner aux futurs apprentis les connaissances et les compétences requises pour travailler en entreprise (savoir-faire de base et savoir-être).« Il n’y a pas de fatalité au chômage des jeunes  », a précisé la ministre du Travail. Convaincue que la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » fournit « les instruments », elle a appelé à la « mobilisation collective, pour lever cette chape de plomb qui existe depuis vingt ans  ».

Des mesures pour changer

Pour Muriel Pénicaud, qui a rencontré plusieurs acteurs de l’emploi ou de l’orientation sur le salon et quelques jeunes intimidés, qu’il y ait en 2018, « encore 1,3 million de jeunes qui ne se projettent pas dans l’avenir, c’est juste de la folie, une aberration sociale ». Elle a rappelé quelques-uns des dispositifs présents dans sa loi pour y remédier : l’apprentissage simplifié, modularisé et étendu jusqu’à 30 ans, les journées d’information sur les métiers pour les élèves de la 4e à la 1re, la mise en place de référents handicap dans les CFA…

L’endroit est pertinent : le salon Jeunes d’avenir, créé en 2013 par le groupe AEF Info, rassemble les acteurs publics et privés de la formation et de l’emploi (missions locales, Opca, branches, collectivités, entreprises…). Les jeunes de 16-25 ans peuvent y trouver des offres d’emploi (30 000, selon les organisateurs, déposées sur la plateforme, mais aussi un « Parcours de la réussite » animé par des professionnels RH bénévoles, un espace « Comprendre les dispositifs » ou des coachs pour retrouver confiance en soi.

Des réalités qui résistent

Ainsi, le dispositif d’accompagnement « Reviens te former » animé par l’Onisep, qui oriente les décrocheurs identifiés par l’Éducation nationale. « Ce service a pris de l’ampleur en 2016, estime Aude Lehanneur, superviseur de « Mon orientation en ligne », quand le ministère nous a demandé de le reprendre  » 1. Les conseillers Onisep contextualisent la demande, orientent vers les services académiques d’orientation et accompagnent dans les démarches. Le numéro vert a reçu près de 10 000 appels depuis 2006. « Le travail d’écoute est essentiel, pour ce public compliqué à capter  », souligne Aude Lehanneur.

Cabossé

Le cofondateur d’un organisme de formation, bénévole sur l’espace Parcours de la réussite, interpelle la ministre, confronté à a situation d’un jeune homme « cabossé » : « Comment faire pour aider ce jeune homme, qui a de l’expérience et besoin qu’on lui fasse confiance ? ». Pour Muriel Pénicaud, la confiance est le maître-mot. Elle pense que le changement culturel est à l’œuvre et que chacun va se mobiliser : « Les Jeunes d’avenir, c’est un pléonasme, il faut leur redire qu’on a besoin d’eux.  »

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