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La Région Grand Est contractualise avec des secteurs professionnels

Le Grand Est est la première des nouvelles Régions à signer des contrats d’objectifs territoriaux avec différents secteurs professionnels. Anticipant ainsi une méthode établie avant la réforme de la formation professionnelle.

Du 12 au 29 juin, la Région Grand Est va signer des contrats d’objectifs territoriaux (COT) avec sept secteurs d’activité. Ils fixent le cadre d’une collaboration entre l’État, la Région et les organisations professionnelles, notamment pour adapter l’offre de formation au marché de l’emploi. Ce calendrier est loin d’être anodin, puisque la réforme de la formation professionnelle, actuellement menée par le gouvernement, va être débattue à l’Assemblée nationale en séance publique à partir du 11 juin. Or un des gros points d’achoppement pour les Régions est le basculement de leur rôle, jusque-là central, dans l’apprentissage, sur lequel les branches professionnelles auront désormais la main.

Bon sens du terrain

Les COT sont donc signés en pleine période d’incertitude. « Nous montrons que nous allons quand même continuer à travailler de la manière qui fonctionne le mieux, c’est-à-dire en collaboration avec les professionnels. Quel que soit le niveau de financement qui sera le nôtre demain, ce n’est pas une raison pour ne plus participer à la définition de l’orientation de l’emploi sur le territoire », assume Steven Thénault, directeur de l’éducation, de la formation et de l’orientation professionnelles à la Région Grand Est. Le directeur assure ainsi « défendre le bon sens du terrain face à une vision théorique imposée au niveau national ». Et donc, réaffirmer le rôle de la Région dans la politique de formation et d’emploi. « Nous militons pour que l’on puisse maintenir les modalités de coopération avec les professions, essentielles pour la connaissance des métiers et la prospective. La signature de ces contrats n’est pas un exercice administratif pour afficher une coopération, mais un véritable projet conjoint avec les professions et l’État. Nous ne sommes pas des gestionnaires de fonds de formation mais des pilotes des politiques publiques, qui définissent une stratégie, des plans d’action et leur évaluation », appuie Steven Thénault.

Culture du travail avec les branches

Si le Grand Est est la première des nouvelles Régions à signer des COT, c’est aussi une question de calendrier. Les travaux ont en effet démarré dès mi-2016, sur la base des analyses sectorielles des trois anciennes Régions. « Il y avait dans ces Régions une culture commune de travailler avec les branches professionnelles », souligne Florence Leibel, chef du service des politiques contractuelles à la direction de l’éducation, de la formation et de l’orientation professionnelles. Le contrat de plan régional pour le développement des formations et de l’orientation professionnelles (CPRDFOP), dont les COT forment le volet opérationnel et sectoriel, a été finalisé en 2017. Les sept COT qui vont être signés sont déjà effectifs depuis décembre dernier, date à laquelle ils ont été adoptés en commission permanente. Ces sept secteurs d’activité — forêt-bois-ameublement, industrie, sanitaire et social, agriculture-viticulture-métiers du paysage, logiciels et services numériques, construction et travaux publics, et artisanat — pèsent un poids important dans l’économie de la région.

La loi, lorsqu’elle sera définitivement adoptée, peut-elle changer quelque chose à ces textes ? « Nous avons imaginé un cadre flexible, avec des conventions d’application qui peuvent être ajustées », précise Florence Leibel.

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