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Le groupe parlementaire Nouvelle Gauche redoute les effets de la réforme de l’apprentissage sur les CFA des petits bassins d’emploi

Alors que débutait lundi 11 juin 2018 l’examen du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel en séance publique de l’Assemblée nationale, les députés du groupe Nouvelle Gauche ont rappelé leur opposition lors d’une conférence de presse. Qu’il s’agisse de l’apprentissage, de la formation professionnelle ou de l’assurance-chômage, ils disent craindre « une loi qui prétend libérer les individus mais qui libère les marchés » (Boris Vallaud). 200 amendements ont été déposés.

CFA menacés

Sur l’apprentissage, c’est d’abord Boris Vallaud qui dénonce ce que son groupe prévoit comme une « marchandisation » de l’alternance. « Aubaine pour les CFA privés, le financement au contrat va fragiliser les CFA des petits bassins d’emploi à petits effectifs, ceux-là mêmes qui se concentrent sur les niveaux IV et V », estime-t-il.

Ce sont de 70 à 90 % des CFA qui sont menacés dans certaines Régions.

Le nouveau rôle confié aux branches professionnelles les inquiète également, notamment en ce qui concerne les quartiers prioritaires de la Ville (QPV), les zones rurales et, soulignent Éricka Bareigts et Hélène Vainqueur-Christophe, l’Outre-Mer. Pour Joël Aviragnet, ce sont de 70 à 90 % des CFA qui sont menacés dans certaines Régions. Michèle Victory s’inquiète elle de la concurrence qui s’annonce « entre des CFA sur-professionnalisés et des lycées sous-professionnalisés ».

Taux de rémunération du CPF

Ce sont les mêmes craintes qui s’expriment en matière de formation professionnelle. Ainsi de la mutation du congé individuel de formation (Cif) en CPF de transition professionnelle, qui fait, premièrement, craindre au groupe NG que les publics les plus fragiles n’accèdent plus aux formations longues, faute d’un taux de rémunération suffisant. D’où le dépôt d’un amendement destiné à garantir un taux de rémunération du CPF de transition calqué sur ce que prévoyait le Cif 1. Alors que le Gouvernement défend la justesse d’une monétisation de l’heure CPF à hauteur de 14,28 euros, les députés NG estiment eux qu’un tel taux de conversion diminue les droits à la formation. Sur la base d’un taux horaire moyen estimé à 37,80 euros, « on passe de 24h heures par an à 13 heures », calcule Erika Bareigts. Aussi le groupe a-t-il déposé un amendement pour demander une majoration euros du CPF équivalente à 35 heures de droits CPF par an. Évoquant par ailleurs une inflation établie à 2 % par l’Insee, Valérie Rabault, présidente du groupe NG, dénonce une monétisation qui ne prévoit pas, en l’état actuel, de revalorisation indexée sur l’inflation : « tous les 5 ans, on perd 10 % de son CPF , avertit-elle.

Tous les 5 ans, on perd 10 % de son CPF

Également hostiles à ce qu’ils dénoncent comme une « privatisation » du conseil en évolution professionnelle (CEP), les députés Nouvelle Gauche estiment que la problématique de « l’accompagnement est le parent pauvre de la réforme ». Pour Erika Bareigts, les futurs appels d’offre régionaux annoncent l’installation d’une instabilité dans les territoires.

Boris Vallaud insiste : « ce n’est pas un texte technique mais un projet éminemment politique qui livre la formation professionnelle et l’apprentissage au marché .

Le site Nouvelle Gauche : http://lessocialistes.fr/

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