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Les directeurs de CFA demandent qu’un « traitement égal soit garanti aux apprentis » sur l’ensemble du territoire

Les directeurs de centres de formation d’apprentis font part de leurs interrogations par rapport à plusieurs mesures prévues dans l’avant-projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », par l’intermédiaire de leur fédération, la Fnadir.

Dans un document publié le 10 avril, la fédération s’inquiète des risques inhérents à la refonte du financement de l’apprentissage. L’instauration d’un système basé non plus sur des subventions mais sur un financement en fonction du nombre d’apprentis, va induire un changement de modèle économique pour les CFA.

Sécuriser le financement des CFA

À l’avenir, le coût par contrat sera déterminé par les branches professionnelles et la prise en charge se fera par l’intermédiaire des opérateurs de compétences (qui remplacent les Opca). Or les branches peuvent être amenées à gérer des CFA. « N’y aurait-il pas là un risque de conflit d’intérêts ? », s’interrogent les directeurs de CFA.

Leur fédération soulève aussi la question des modalités de définition du coût au contrat et de la contribution des branches aux investissements nécessaires pour financer les équipements ou les rénovations. Elle s’inquiète du sort des CFA interprofessionnels qui relèveront de plusieurs opérateurs de compétences et du devenir des établissements aux ressources financières limitées aujourd’hui soutenus par les Conseils régionaux.

La Fnadir va faire part de ses positions aux parlementaires, car elle estime nécessaire d’instaurer des « mécanismes de sécurisation de financement ».

Principe d’égalité

La qualité, la certification et le contrôle des CFA font aussi partie de ses préoccupations. Elle estime indispensable que les indicateurs d’appréciation et les modalités d’audit soient les mêmes pour tous les acteurs, dans un souci d’équité. Les directeurs de CFA mettent aussi l’accent sur la neutralité de l’organisme qui délivrera la certification.

Autres points de vigilance : le rôle des branches professionnelles. Face aux problèmes de recrutement dans certains secteurs, elles doivent, selon les directeurs de CFA, se pencher sur les conditions d’exercice des métiers. À leurs yeux, il est essentiel de faire de l’apprentissage, « une partie intégrante » de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et un engagements sociétal des entreprises.

La Fnadir souligne aussi l’importance des services d’orientation et d’information. Sur ce point, la répartition de compétences entre les Régions et l’État s’avère « encore trop floue ». Dans la phase de transition, « une baisse des effectifs d’apprentis est à craindre. »

En conclusion, la Fnadir demande qu’un traitement « égal soit garanti aux apprentis » sur l’ensemble du territoire, « depuis l’orientation jusqu’à l’insertion professionnelle, en passant par son parcours de formation en apprentissage, quel que soit l’opérateur ».

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