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Muriel Pénicaud lance la concertation sur l’apprentissage

Entourée de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Muriel Pénicaud a annoncé vendredi 10 novembre 2017, au ministère du Travail, l’ouverture de la concertation sur la « transformation de l’apprentissage » en insistant sur le caractère systémique de la réforme qui « doit placer au centre de l’apprentissage les jeunes et les entreprises ».

Après plus de deux heures de réunion avec les partenaires sociaux, les Régions, les organismes consulaires et les acteurs de l’apprentissage, Muriel Pénicaud a rappelé les grandes orientations de la réforme à venir et affirmé « qu’il n’y aurait pas de sujets tabous ».

Une trentaine de freins à lever

La concertation qui démarre peut s’appuyer sur un diagnostic commun né de nombreux rapports réalisés ces dernières années et qui seront présentés lors de la prochaine réunion fixée le 15 novembre. « Notre système reste complexe dans sa gouvernance, son financement et son opérationnalité. Mais cela n’est pas comme cela que nous allons commencer. Ces sujets ne sont que la conséquences des choix que collectivement nous devons faire », précise Muriel Pénicaud avant de citer trois exemples concrets de verrous à lever : le rythme scolaire imposé au dispositif de l’apprentissage, la durée trop longue pour la création d’une nouvelle formation et l’absence de perspectives et de passerelles en cas de rupture de contrat en cours d’année. « Nous avons repéré une trentaine de freins qui seront l’objet de tous les groupes de travail », conclut-elle.

Une refondation du système

Muriel Pénicaud insiste donc sur la dimension systémique de la réforme et l’émergence nécessaire d’une nouvelle approche. « La réforme ne sera possible que si nous refondons le système d’apprentissage à partir des jeunes et des entreprises ». Il s’agit, pour la ministre, de renforcer l’apprentissage dans l’ensemble du dispositif d’éducation et de formation professionnelles autour d’un « d’un système réactif et transparent pour les jeunes et les familles et responsabilisant pour les entreprises. L’offre d’apprentissage doit être en phase avec les évolutions de marché du travail et des besoins des entreprises afin de préparer et d’anticiper les mutations économiques ». Muriel Pénicaud réaffirme le rôle essentiel des entreprises et de ses représentants en insistant à nouveau «l’offre ne doit pas déterminer la demande ».

Un sujet interministériel

La réforme s’inscrit dans une démarche interministérielle afin d’assurer une articulation et des passerelles avec la formation initiale. « Il y a un état d’esprit et un objectif communs. Il s’agit de travailler ensemble avec les partenaires sociaux et les acteurs concernés pour créer un élan commun pour l’enseignement professionnel et pour l’apprentissage, apporter de la souplesse et personnaliser les parcours », déclare Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l’Éducation nationale a également insisté sur l’attractivité de l’apprentissage qui doit s’emparer des thématiques fortes de la transition numérique et écologique ou encore de la transmission d’entreprises. « Il faut mieux articuler la formation initiale et l’apprentissage. Nous avons appris à travailler avec les entreprises autour de comités de perfectionnement qui rassemblent formateurs et employeurs », déclare, pour sa part, Frédérique Vidal.

Quatre groupes de travail et un calendrier serré

La concertation présidée par Sylvie Brunet, présidente de la section du travail et de l’emploi du Conseil économique social et environnemental (Cese) couvrira les sujets clés de réforme de l’apprentissage autour de quatre groupes de travail. Paul Quenet (Éducation nationale) animera celui du parcours de l’apprenti. Morad Ben Mezian (France Stratégie) est en charge du rôle de l’entreprise. Julien Nizri, directeur général de Centre Inffo, pilotera le groupe de travail sur la gouvernance du système. Enfin, Jean-Philippe Cépède directeur juridique de Centre Inffo sera en charge de celui traitant de l’offre de formation et de la certification.
La prochaine réunion fixée le 15 novembre prochain sera consacrée au diagnostic avec la présentation des études réalisées par France Stratégie, la Dares, la direction statistique du ministère du Travail, et du Cereq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications).
Les groupes de travail se réuniront jusqu’au 18 janvier et les résultats des travaux de ces groupes de travail sont attendus début février.

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