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L’intelligence artificielle seule ne peut pas (encore) assurer l’enregistrement des certifications

Quel usage peut-on faire de l’intelligence artificielle dans les domaines de la certification et de la formation ? Des acteurs venant d’horizons très divers ont abordé cette question lors de la journée « Orientation et intelligence artificielle », organisée à Paris le 11 octobre par Europass, Euroguidance et la CNCP (Commission nationale des certifications professionnelles).

En 1997, Kasparov était battu par un supercalculateur d’IBM Deeper Blue. En 2015, l’ordinateur AlphaGo était capable de vaincre les meilleurs joueurs du monde au jeu de Go non pas parce qu’il avait en mémoire toutes les parties précédentes, mais parce qu’il était devenu capable d’apprentissage. Récemment, on a simplement donné les règles du jeu de poker à Libratus – sans lui adjoindre de bases de données – et la machine a tellement bien appris à jouer qu’elle s’est mise à bluffer, battant à plate couture ses adversaires les plus expérimentés. Cette histoire de l’intelligence artificielle racontée par Christophe Allois, fondateur de la start-up Skilvioo, est édifiante. « Il y a un glissement entre les systèmes de bases de données et l’intelligence artificielle. Grâce à ses réseaux neuronaux, l’IA rend les ordinateurs capables d’apprentissage », précise-t-il.

Intervention humaine

La start-up Skilvioo propose une application pour accompagner les organismes dans la traduction de leur formation en blocs de compétences 1. Chaque métier décrit un certain nombre de connaissances et de compétences nécessaires pour l’exercer. Pourtant, Christophe Allois, en est sûr, dans le domaine de la formation professionnelle et de la certification, la matière grise a encore de beaux jours devant elle. « Dans l’immédiat, je ne pense pas que l’intelligence artificielle puisse permettre, par exemple, d’enregistrer une certification professionnelle au RNCP sans intervention humaine », indique Christophe Allois. Ce que confirme Brigitte Bouquet, rapporteur général de la CNCP (Commission nationale des certifications professionnelles) et animatrice du débat. Néanmoins des usages de l’intelligence artificielle peuvent déjà être imaginés.

Des usages possibles

Elle pourrait ainsi dans un futur assez proche «  apporter aux organismes de formation des éléments pertinents sur les évolutions des métiers grâce à des données de plus en plus riches et fiables. Ils seront alors en mesure d’élaborer leurs programmes pédagogiques en anticipant davantage », indique Christophe Allois.

Difficile collecte des données

L’intelligence artificielle pourrait aussi permettre d’avoir une vision prédictive des étudiants risquant d’échouer aux examens. « Au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), il y a 70 000 élèves et le taux d’abandon y est élevé. Grâce à l’intelligence artificielle, on pourrait se focaliser davantage sur les personnes qui risquent d’échouer », explique Michel Terré, président du conseil des formations du Cnam. Mais l’hétérogénéité des étudiants et la collecte des données posent problème. « Les données qui pourraient être pertinentes comme la distance à parcourir par les étudiants pour suivre leurs cours, la taille de l’entreprise dans laquelle ils travaillent, etc. ne sont pas disponibles. Nous disposons des codes, des machines mais pas des données. Un jour, nous pourrons sans doute produire des choses intéressantes grâce à l’intelligence artificielle mais nous n’y sommes pas encore… », conclut Michel Terré.

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