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« Le système de certification doit s’appuyer sur des références indiscutables » (Jacques Faubert, Fédération des CSFC)

La Fédération des chambres syndicales des formateurs consultants (CSFC) a été reçue au ministère du Travail, le 12 avril. Jacques Faubert, son président, fait le point sur cette entrevue centrée sur les problématiques de qualité et de certification des acteurs de la formation.

Le Quotidien de la formation – Quel a été l’objet de votre rendez-vous au ministère du Travail ?

Jacques Faubert – Le cabinet de la ministre souhaitait entendre la Fédération des CSFC sur la question de la qualité de la formation et de la certification des acteurs. Nous avons eu aussi l’occasion d’exprimer nos interrogations et nos points de vue sur d’autres aspects de la réforme. Cette rencontre a été constructive, d’autant que l’avant-projet de loi n’est pas figé. Il reste de l’espace pour faire des propositions.

QDF : Concernant la qualité, quelle est votre position ?

J. F : La qualité doit permettre de créer de la confiance entre les acheteurs, les bénéficiaires et les offreurs de formation. Le système existant qui repose sur une soixantaine de labels validés par le Cnefop 1 est illisible. Quant à Datadock 2, il ne fournit qu’une photographie à un instant T de la conformité d’un organisme aux critères retenus. Selon nous, la qualité doit s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue et le système de certification doit s’appuyer sur des références indiscutables. C’est pourquoi nous insistons sur quelques principes-clés : le futur système doit s’inspirer des normes ISO et des travaux menés par l’Afnor 3 (avec la quasi-totalité des acteurs concernés), les référentiels doivent être restreints en nombre et adaptés au profil des opérateurs de formation. La référence au Cofrac (Comité français d’accréditation) dans les annonces du gouvernement est une bonne chose. Il nous semble en effet essentiel que les certificateurs soient indépendants et accrédités par un tiers. Nous nous sommes opposés à une logique de « profession réglementée ».

QDF : Quel est votre point de vue sur la réforme à ce stade ?

J. F : La réussite d’une réforme qui met l’accent sur l’individualisation de l’accès à la formation dépendra de deux éléments : les moyens mis en place pour permettre à chacun de faire un choix éclairé, au-delà des outils qui seront intégrés dans l’application mobile ; et l’accompagnement des individus, qu’ils soient demandeurs d’emploi, salariés ou managers. L’ouverture du marché de l’accompagnement par appel d’offres est une bonne chose mais il faudra veiller à ce que les indépendants ou les groupements d’indépendants ne soient pas discriminés.

QDF : Et sur le plan de la gouvernance ?

J. F : Nous nous félicitons que la réforme dissocie la collecte, la gestion des fonds et l’orientation de la politique de la formation. C’est un élément de simplification et de moralisation du système. Ce que nous comprenons c’est que France compétences 4, sera quadripartite, mais il ne faudrait pas que cette nouvelle instance soit l’addition d’anciennes structures. À ce stade, il reste encore beaucoup de points à préciser sur son rôle et ses missions. Quant aux opérateurs de compétences 5, certains Opca proposent déjà des services qui correspondent aux missions de demain — conseil aux entreprises, ingénierie, anticipation des besoins, etc. — mais pas tous. Les consultants indépendants sont donc prêts à les accompagner dans cette voie. Nous ferons des offres en ce sens.

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