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Le futur système de certification des organismes de formation doit garantir une égalité de traitement, selon le Synofdes

La loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » va modifier les habitudes des prestataires de formation. Elle instaure notamment un nouveau système de certification pour ceux qui accèderont à des fonds publics ou mutualisés. Michel Clézio, président du Syndicat national des organismes de formation de l’économie sociale (Synofdes) fait le point sur les changements à venir.

Le Quotidien de la formation – Comment accueillez-vous la loi « avenir professionnel » ?

Michel Clézio – J’ai un sentiment un peu mitigé. Les objectifs de la loi — qu’il s’agisse de développer la formation dans les TPE-PME grâce à la mutualisation ou d’accroître les efforts en direction des demandeurs d’emploi — ne peuvent que recueillir notre agrément. J’ai en en revanche des interrogations sur les modalités de mise en œuvre et les effets produits. La loi semble présupposer que dans un contexte libéralisé, tous les acteurs vont agir de façon rationnelle et dans l’intérêt du système. Est-ce que les bénéficiaires du compte personnel de formation (CPF) vont mobiliser leur crédit dans une logique de montée en compétences ? Est-ce que les entreprises dont les obligations vont être allégées investiront toujours autant dans la formation de leurs salariés ? Est-ce que la mutualisation va suffire à développer la formation dans les TPE-PME ? Je ne demande qu’à y croire mais je suis un peu sceptique.

QDF – Quels changements anticipez-vous pour les organismes de formation que vous représentez ?

M. C. – Je ne suis pas particulièrement inquiet : les adhérents au Synofdes sont des organismes habitués à travailler dans le cadre de dispositifs publics et ils ont fait la preuve de leur capacité à s’adapter aux exigences du commanditaire et aux évolutions du système. Mais j’attire leur attention sur un point : la possibilité offerte aux individus de mobiliser leur CPF sans intermédiaire. Cette autonomie nécessitera de faire des efforts en matière de visibilité, ce que certains organismes n’ont pas pour habitude, et d’être communiquant dans la mesure où ils devront fournir davantage d’informations sur les résultats obtenus, sur les moyens mis en œuvre, etc.

QDF – Quelle est votre position par rapport à la future certification des prestataires de formation qui fait encore l’objet de travaux ?

M. C. – Ce qui compte aux yeux de nos adhérents c’est que l’évolution des critères de certification se fasse dans une logique de continuité avec le décret qualité de 2015. À ce stade, les travaux auxquels nous participons vont dans ce sens, ce qui est positif. Nous sommes par ailleurs favorables à l’introduction d’un nouveau critère de qualité, tel que mentionné dans le rapport du Cnefop [1], qui tienne compte de l’ancrage des organismes de formation dans leur environnement, c’est-à-dire de leur capacité à collaborer avec les acteurs socio-économiques de leur territoire. Pour l’heure, notre principale interrogation concerne le processus de certification en tant que tel. Certes il y aura un référentiel unique au niveau national et les organismes certificateurs devront se faire accréditer par le Cofrac [2], mais comment garantir des modalités de certification commune et une vraie égalité de traitement ? C’est un point sur lequel nous seront vigilants.

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