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Les prestataires de formation auront accès à l’application CPF dès le printemps 2019

L’application CPF, dont le lancement est prévu mi-octobre 2019, va permettre aux organismes de formation de proposer directement leur offre à 33 millions de personnes. À terme, cette place de marché pourra aussi s’intégrer dans les politiques de formation des entreprises et des branches professionnelles. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) fait le point sur les étapes de la construction de ce nouvel outil et sur les perspectives qu’il offre aux différents acteurs, à l’occasion d’une matinée organisée, jeudi 22 novembre, par Centre Inffo dans le cadre du cycle « Dessine-moi la réforme ».
Élément clé de l’individualisation des droits à la formation promise par la loi du 5 septembre 2018, la plate-forme de mise en relation entre les actifs et les prestataires de formation ne sera officiellement lancée qu’à l’automne 2019. Mais les équipes de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) chargées d’élaborer l’application mobile sont déjà sur le pont. L’enjeu est de taille. « La CDC aura à gérer entre un et deux millards d’euros destinés à financer le CPF et à construire une place de marché accessible à 95 000 organismes de formation font 10 000 susceptibles de proposer des actions de formation éligibles au CPF », explique Laurent Durain, directeur de la formation de la CDC. À l’automne 2019, l’objectif est de permettre aux 33 millions de personnes qui disposent de crédits de formation de consulter leurs droits, de rechercher une formation et de faire une demande d’inscription.

Montée en charge progressive

Pour déployer ses trois premières fonctionnalités qui auront vocation à s’enrichir par la suite, la CDC s’appuie sur des équipes de techniciens, de juristes, de développeurs et de designers qui délivrent toutes les trois semaines de nouvelles versions de l’application afin de les tester auprès d’un panel d’utilisateurs. Ce vaste chantier est abordé en mode « agile » mais avec précaution. « À chaque fois qu’on offrira de nouvelles fonctionnalités, quelque part on influera sur le marché et le choix des usagers  », souligne Laurent Durain d’où l’importance aux yeux de la CDC de créer « des conditions de confiance et de transparence » avant d’envisager des évolutions plus poussées.

Parmi les points de vigilance dans cette phase de travaux figure notamment l’élaboration du moteur de recherche qui permettra à l’utilisateur de sélectionner son prestataire. « La première version sera centrée sur des informations objectives, toutes les actions de formation seront présentées de la même manière  », explique Laurent Durain, l’objectif de la CDC étant de garantir une « égalité d’accès au marché pour l’ensemble des organismes de formation quel que soit leur taille ». Autre point d’attention : « les conditions générales de vente, qui vont être décidées par les pouvoirs publics, doivent permettre de créer une relation équilibrée entre les usagers et les organismes de formation », souligne le directeur de la formation de la CDC.

Lisibilité de l’offre et réactivité

Sur le terrain, ce nouvel outil d’accès aura un impact sur les prestataires. En pratique, ils n’auront pas forcément à renseigner les disponibilités de leur formation en temps réel. Il s’agira davantage d’apporter des informations claires sur leur offre et de répondre rapidement à des demandes de renseignement ou d’inscription provenant de l’application. D’où des travaux potentiels à mener en termes de présentation de leur offre et de logistique.

Pour les accompagner dans ces transformations, la CDC vient de mettre en place un site Internet destiné à les informer et à répondre à leurs questions. Après une présentation à un panel représentatif de dix à quinze organismes, l’application sera accessible à l’ensemble des prestataires au printemps 2019 afin qu’ils puissent la tester « en grandeur réelle ».

Gestion des abondements

Mais les travaux ne s’arrêteront pas à l’automne 2019. L’application évoluera au fur et à mesure des observations faites par la CDC auprès des actifs et des prestataires. Parmi les futures fonctionnalités, la gestion des abondements prévue en 2020 offrira de nouvelles perspectives aux entreprises ou aux branches professionnelles. Elles pourront en effet décider d’aller au-delà du niveau d’alimentation du compte prévue par la loi ou de compléter ponctuellement les crédits d’une catégorie de salariés. « Ces financeurs complémentaires pourront déléguer les fonds à la CDC de façon à ce que l’usager ait une visibilité sur l’intégralité de son capital disponible, abondements compris », explique Laurent Durain.

Autrement dit, les entreprises et les branches professionnelles auront la possibilité d’augmenter directement « le pouvoir d’achat » des bénéficiaires. Mais ces abondements pourraient aussi prendre la forme de « remises sur le coût d’achat » de formations jugées prioritaires par une branche ou une entreprise. En pratique, l’application pourra ainsi s’intégrer dans la stratégie de formation et de gestion des ressources humaines des employeurs. Comme le souligne Laurent Durain, le système qu’est en train de mettre en place la CDC laisse la place à la créativité : « demain, on pourrait imaginer des donations ou du mécénat » ou d’autres modes d’incitation à se former. Les travaux ne font que commencer…

Pour en savoir plus, le dossier documentaire réalisé par Centre Inffo à l’occasion de la matinée Dessine moi la réforme

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