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Projet de loi « avenir professionnel » : les Opca du « hors-champ » veulent garder la main sur le CPF de transition et le conseil en évolution professionnelle

Les quatre Opca ne relevant pas du champ de régulation interprofessionnelle de la formation professionnelle et donc non signataires de l’accord national interprofessionnel (Ani), se sentent oubliés dans la réforme engagée par le gouvernement. Lors d’une conférence de presse organisée par l’Afdas, le FafseaUnifaf et Uniformation mercredi 27 juin, ces Opca dits « hors champ » se sont notamment exprimés sur la manière dont le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » pourrait selon eux impacter leurs activités.

L’inquiétude était palpable autour de la table, au siège parisien de l’Afdas. « Nos organismes opèrent dans les secteurs de la culture, de l’agriculture et de l’économie sociale et solidaire. La spécificité de nos métiers est historiquement reconnue. Nous représentons plus de 3 millions de salariés. Pourtant, nous n’avons pas le sentiment d’être entendus par le gouvernement. Nous avons adressé mi-juin un courrier commun à la ministre du Travail resté, à ce jour, sans réponse », explique, en préambule, Angeline Barth, présidente de l’Afdas, l’Opca de la culture, de la communication et des médias.

Exclus du CPF de transition

L’amendement confiant le compte personnel de formation (CPF) de transition à une commission paritaire interprofessionnelle régionale et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale a pris de court ces quatre Opca-Opacif. N’étant pas représentés dans la gestion paritaire interprofessionnelle, ces organismes ne comprennent pas comment ils pourront continuer à développer leur politique d’abondements adaptée aux particularités de leurs secteurs. « Le coût moyen d’un Cif est de 35 000 euros et peut monter à 175 000 euros pour une formation sur trois ans au métier d’infirmière. L’acquisition de diplômes est stratégique dans notre secteur », précise Franck Montfort, président adjoint d’Unifaf, l’Opca de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale. Un argument partagé par les trois autres organismes. « Le niveau de qualification des salariés que nous accompagnons est bas. La certification permet donc de sécuriser les parcours professionnels », rappelle François Édouard, président d’Uniformation, l’Opca de l’habitat social et de la protection sociale. Autre spécificité justifiant, aux yeux de ces Opca-Opacif, le maintien de leurs compétences sur le futur CPF de transition, la cohérence des transitions professionnelles. « 80% de nos demandes de reconversion se font au sein de notre secteur. Il existe de véritables passerelles entre nos métiers de la culture, des médias et de la communication », insiste Angeline Barth.

Un accompagnement de proximité

L’autre sujet d’inquiétude concerne la mise en œuvre du Conseil en évolution professionnelle (CEP) qui sera confiée à des opérateurs régionaux sélectionnés par appel d’offres. Là aussi, les Opca revendiquent leur expérience et leur spécificité. « Nos entreprises adhérentes constituées à 95 % de TPE de moins de 10 salariés sont situées dans des zones rurales. Leur modèle économique est fortement marqué par la saisonnalité. Nous avons formé nos conseillers pour répondre à cet enjeu. Que se passera-t-il demain ?  », interroge Christiane Lefeuvre, président du Fafsea, l’Opca de l’agriculture. Ce front commun des organismes « hors-champ » n’a pas, pour le moment, fait réagir le gouvernement. Ils demandent le maintien de leurs champ d’intervention sur le CPF de transition et le CEP et espèrent se faire entendre avant la fin du travail législatif.

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