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« Dans le domaine de la formation, on n’arrive à rien si les choses sont prescrites » (Catherine Fabre au RDV du droit)

Catherine Fabre, députée LREM et rapporteure pour les volets formation et apprentissage de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », était l’invitée du septième rendez-vous « Dessine-moi la réforme ! » organisé par Centre Inffo (Paris, 25 septembre 2018). Évoquant une réforme appelée à abolir les logiques prescriptives, elle a décrit un « changement de paradigme » destiné à conduire les individus et les entreprises à « s’emparer de leur destin ».

De l’intérêt, des questions, des espoirs et aussi des inquiétudes. C’est sans doute tout cela que traduisait le public venu nombreux – l’événement affichait complet-, pour assister à ce décryptage de la loi du 5 septembre 2018. L’occasion pour Catherine Fabre, rapporteure des volets formation et apprentissage, de réagir en direct à un micro-trottoir réalisé par Centre Inffo aux abords du Stade de France. Interrogés sur leur rapport à la formation et leur connaissance des dispositifs afférents, ouvriers, employés et cadres dressent en creux un exposé des problématiques ayant conduit à la réforme : complexité du système et inégalité de l’accès à la formation. « Je ne suis pas étonnée », commente Catherine Fabre.

Cibler les plus fragiles

Pas étonnée, voire satisfaite de pouvoir ainsi défendre l’un des principaux objectifs de la loi : « redistribuer l’argent de la formation vers ceux qui en ont le plus besoin. » C’est par exemple le dispositif Pro-A, qui succède à la période de professionnalisation et qui cible les moins qualifiés. Par un avenant au contrat de travail, les salariés vont pouvoir accéder à une formation qualifiante en alternance, « jusqu’au niveau III 1 », précise-t-elle. Confiante dans la capacité de la future appli CPF à améliorer l’accès de tous à la formation, la rapporteure ne méconnaît pas les critiques qui soulignent qu’une partie de la cible pourrait avoir du mal à s’orienter seule dans le marché de la formation. Mais elle en est convaincue, l’un des intérêts de la loi est justement d’accompagner l’ensemble des acteurs dans l’acquisition d’une « culture de la formation » qui fait défaut à la France.

Accompagner autrement

Le conseil en évolution professionnelle, l’entretien professionnel et la pertinence des informations qui seront diffusées via l’appli sont ainsi autant d’outils de nature à prodiguer une « autre forme d’accompagnement ». Certes, la « fracture digitale » est une réalité qui pourrait poser problème à certains, mais plutôt que de renoncer au numérique, le gouvernement choisit d’accompagner la montée en compétences : ainsi, par exemple, du Pic 2, qui permet de déployer des formations au numérique au bénéfice des demandeurs d’emploi. Convaincue que l’ « on n’arrive à rien dans le domaine de la formation si les choses sont prescrites », elle insiste sur la vertu d’une loi qui invite entreprises et individus à « s’emparer de leur destin ». Et, souligne-t-elle, c’est précisément pour accompagner ce « changement de paradigme » que les futurs opérateurs de compétences sont « redéployés sur des missions de conseil ».

Alors que « tout commence aujourd’hui », Catherine Fabre sait que sa mission continue : suivre les décrets, vérifier la pertinence de l’appli, s’assurer du bon usage de la VAE dans l’adaptation des parcours de formation à chaque individu ou lancer, d’ici à un an, une mission d’évaluation, font désormais partie de ses objectifs. Et parce qu’elle sait que le succès de la réforme dépend maintenant de la capacité des acteurs à s’en saisir, elle prévoit aussi de porter la loi sur l’ensemble du territoire, en formant et mobilisant les 577 députés.

Les rendez-vous « Dessine-moi la réforme ! », Centre Inffo, 2018  : www.centre-inffo.fr/agenda-de-nos-evenements/dessine-moi-la-reforme-939.html

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