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Le conseil en évolution professionnelle (CEP) devient déterminant dans un monde du travail en pleine mutation

Amené à se développer dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle, le conseil en évolution professionnelle (CEP) devient essentiel pour faire face aux transformations des métiers et aux évolutions du marché de l’emploi. Encore faut-il prendre la mesure des mutations en cours, c’est ce qu’a rappelé Philippe Askenazy, économiste du travail et directeur de recherche au CNRS, lors d’une journée de débats organisée par la revue Éducation permanente, jeudi 11 octobre au Cnam 1, à l’occasion de la sortie du hors-série consacré au conseil en évolution professionnelle, un ouvrage édité en partenariat avec l’Afpa.

Impacts directs et indirects sur les métiers

« Attention aux raisonnements trop rapides ou trop mécaniques », prévient-il. L’essor d’Internet et de la téléphonie mobile dans les années 90 n’a pas eu les effets escomptés sur le télétravail et n’a pas conduit à une recomposition du travail dans les territoires. Au contraire, « 25 ans plus tard, on assiste à une concentration spatiale des activités », indique l’économiste du travail. Aujourd’hui, parmi les nombreuses innovations qui se développent, les véhicules autonomes laissent présager une remise en cause des emplois de chauffeurs. Mais indirectement, du fait de la baisse des accidents qui devrait résulter de l’usage de ces nouveaux véhicules, ce sont les emplois dans l’assurance et dans la réparation qui pourraient être les plus touchés, explique Philippe Askenazy.

La compréhension des impacts directs et indirects des mutations par les opérateurs de compétences s’avère donc essentielle. Outre les transformations des métiers, un autre phénomène met en tension le rôle de l’accompagnement, selon Sabrina Dougados, avocate au barreau de Paris : la remise en cause actuelle du modèle social. « Les ordonnances ont flexibilisé les relations de travail. Les entreprises disposent aujourd’hui d’outils pour rompre plus facilement les contrats de travail », observe l’avocate. Des évolutions qui là encore rendent le rôle du CEP déterminant.

Synergies dans les territoires

Sur le terrain, l’efficacité et la pertinence du CEP reposent aussi sur la capacité à construire des synergies entre les différents acteurs : opérateurs privés, opérateurs publics, services publics régionaux de l’orientation (SPRO), mais aussi entreprises afin de connaître leurs besoins en compétences. « Cela nécessite un ancrage très fin dans les territoires », selon Florence Lefresne, directrice du Cereq, qui met aussi en avant la nécessaire professionnalisation des acteurs. Organiser un dialogue économique et social dans le temps entre tous les acteurs est primordial pour « avoir une vision dynamique de l’évolution des compétences », ajoute Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT. Selon l’organisation syndicale, l’enjeu de la réforme sera aussi de garantir l’effectivité du droit à l’accompagnement, de rendre lisible et visible le conseil en évolution professionnelle et d’en faire une prestation de qualité.

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