Les Fongecif cherchent leur place dans la réforme

Les Fongecif ont un an [d’ici le 31 décembre 2019] pour se positionner dans le nouveau système de la formation professionnelle. Promulguée le 5 septembre, la loi Avenir professionnel leur confie la gestion transitoire du conseil en évolution professionnelle (CEP) et du compte personnel de formation de transition pour 2019. Rien, en revanche, n’est prévu pour la suite. L’Intersyndicale des salariés de ces organismes constituée au printemps dernier demande des garanties au gouvernement. Au ministère, on affirme que les salariés du réseau ont toute leur place dans les futures commissions paritaires interprofessionnelles régionales créées par la loi pour instruire et mettre en œuvre le CPF de transition et peuvent sans problème répondre à l’appel d’offres des opérateurs du CEP. Deux compétences reconnues aux Fongecif. Toute la question est de savoir comment et sous quel statut ces organismes paritaires peuvent s’y engager. « On pourrait imaginer une condition réglementaire dans l’appel d’offres des opérateurs de CEP garantissant l’intégration de conseillers des Fongecif », précise Hélène Macou, représentante de l’Intersyndicale.

Un comité de pilotage

Le réseau des Fongecif, constitué d’entités autonomes, a du mal à proposer un projet commun. En avril dernier, celui d’Île-de-France avait lancé l’idée, restée, à ce jour sans suite, de se transformer en une agence des transitions professionnelles. La date butoir de leur disparition au 1er janvier 2020 met aujourd’hui la pression sur le réseau. Un comité de pilotage réunissant tous leurs présidents et directeurs planche sur la meilleure façon de se préparer à l’échéance. Appuyé par le cabinet Algoé, il étudierait la création, avec des antennes régionales, d’une nouvelle structure nationale afin de porter une candidature solide d’opérateur de CEP. Contacté par la Quotidien de la formation, le réseau n’a pas souhaité s’exprimer pour le moment.

Des incertitudes

Si la feuille de route des Fongecif pour 2019 est fixée par la loi, il reste des incertitudes. L’activité du CPF de transition sera-t-elle suffisante pour occuper les équipes chargées de l’instruction des dossiers et de la mise en œuvre des formations ? Il faudra attendre le décret sur la ventilation des fonds mutualisés entre les différentes enveloppes pour connaître les ressources allouées au CPF de transition. Le chiffre de 0,1 % circule soit une baisse significative par rapport à celles du Cif [congé individuel de formation] actuel (0,2 %). Autre inquiétude pour l’année 2019, le risque d’un trou d’air, classique lors de la mise en place d’un nouveau dispositif. Les salariés et les entreprises auront besoin de temps pour s’approprier le CPF de transition.

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