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« Point de liberté de choisir son avenir professionnel en l’absence de droit effectif à s’orienter tout au long de la vie » (Schany Taix, CIBC)

La monétisation du compte personnel de formation prévue par le projet de loi « liberté de choisir son avenir professionnel » n’inquiète pas uniquement les partenaires sociaux. Dans une tribune adressée à Centre Inffo, Schany Taix, délégué général de la Fédération nationale des centres interinstitutionnels de bilan de compétences (FNCIBC), s’alarme des conséquences pour les dispositifs d’accompagnement (conseil en évolution professionnelle, bilan de compétences et validation des acquis de l’expérience).

Comme l’Association syndicale des centres de bilan de compétences (ASCBC, voir notre article), la Fédération nationale des centres interinstitutionnels de bilan de compétences (FNCIBC) s’inquiète des nouvelles conditions d’accès au bilan de compétences dessinées par la réforme en cours. Pour son délégué général, Schany Taix, le risque est « de priver les individus de faire des choix éclairés ».

Sous-financement

Avant d’en venir au bilan de compétences, le délégué général de la FNCIBC se livre d’abord à un calcul sur le financement du conseil en évolution professionnelle (CEP). Doté d’une enveloppe de 200 millions d’euros pour un objectif de 2 à 3 millions d’actifs, le budget du nouveau CEP fixe le prix de revient de la prestation à moins de 100 euros. Soit une baisse tangible pour une mission jusqu’ici « valorisée autour de 600 euros par actif accompagné », relève-t-il. Et de commenter : « Comment accompagner un salarié […], sinon en limitant les temps d’entretien, en recourant à des outils digitaux, en réduisant la personnalisation ? »

Accompagnement ou formation ?

Au-delà de cette fragilisation du CEP, Schany Taix note ensuite dans l’actuel projet de loi « la disparition du congé bilans de compétences et du congé VAE 1  ». Et s’il reste la possibilité de mobiliser un bilan de compétences ou un accompagnement VAE dans le cadre du CPF monétisé, le délégué général paraît convaincu que les individus ne le feront pas, pour deux raisons : premièrement, parce qu’« un bilan de compétences équivaudra à trois ans de CPF monétisé (contre une année de CPF actuel en heures et aucune heure dans le cadre du congé bilan) »  ; deuxièmement, parce qu’ « une démarche de VAE équivaudra à trois voire quatre ans de CPF monétisé ».

Conséquence, selon Schany Taix : sommés d’« arbitrer » entre « se satisfaire du niveau d’accompagnement d’un CEP, choisir de mobiliser son CPF pour un accompagnement ou le mobiliser pour une formation », les actifs vont perdre la possibilité de bénéficier d’une « vraie ingénierie de parcours professionnel ».


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