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Pas de « droit effectif » à la reconversion professionnelle sans accompagnement adéquat (Laurent Berger, CFDT)

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a livré un jugement en demi-teinte sur les acquis en matière de formation professionnelle obtenus par les salariés au cours de son mandat de quatre ans, qui s’achèvera la semaine prochaine, lors du prochain congrès de la CFDT. Lequel se déroulera du 4 au 8 juin à Rennes.

Accompagnement

« L’accompagnement des salariés en vue de leur reconversion professionnelle était au cœur des débats du congrès de Marseille, il y a quatre ans. Les partenaires sociaux ont négocié des droits nouveaux en ce sens (lire notre article sur le CPF de transition inscrit dans l’ANI et sur le renforcement de l’accompagnement via les moyens supplémentaires alloués au CEP ). Sans accompagnement, il n’y aura pas de droit effectif à la reconversion professionnelle », a expliqué Laurent Berger devant l’Association des journalistes de l’information sociale, jeudi 31 mai à Paris.

Il se faisait l’écho de la déclaration du secrétaire national CFDT chargé de la formation professionnelle, formulée l’avant-veille (lire notre article).

Monétisation

Revenant sur la monétisation du compte personnel de formation, axe majeur du projet de loi « avenir professionnel » débattu actuellement au Parlement, Laurent Berger a réitéré son opposition à cette évolution, partagée par l’ensemble des organisations syndicales. « En monétisant le CPF, le gouvernement a choisi de réduire la portée de ce droit. Avant même de réguler l’offre de formation, il prend le risque de diminuer les droits des salariés », a-t-il estimé.

Gouvernance régionale

Sur la gouvernance régionale, Laurent Berger a jugé que « le big bang annoncé avait débouché sur une feuille blanche ». « Nous retravaillons sur la gouvernance régionale avec la mise en place d’un recensement des besoins sur les territoires », a complété le numéro un de la CFDT. Tout en appelant à « la mise en œuvre d’une gouvernance régionale quadripartite ».

Le gouvernement semble avoir entendu la CFDT. Un amendement au projet de loi « avenir professionnel », adopté mardi 29 mai, crée au niveau régional des structures paritaires interprofessionnelles dédiées à l’accompagnement du projet de transition professionnelle des salariés (voir notre article).

Transition

Insistant sur les besoins de formation « énormes » dans certaines entreprises notamment, où, selon Laurent Berger, « les carnets de commande ne se remplissent plus », faute de moyens pour former les demandeurs d’emploi qui pourraient y répondre, le secrétaire général redoute les conséquences du big bang. La période de transition liée à la mise en œuvre de la nouvelle réforme pourrait à son sens « retarder les moyens nécessaires » pour faire face aux besoins de compétences liés à la reprise économique.

Garantie jeunes

Le secrétaire général de la CFDT a enfin salué le succès de la Garantie jeunes. Généralisé en janvier 2017, ce dispositif destiné aux jeunes de 16 à moins de 26 ans en situation de grande vulnérabilité sur le marché du travail leur accorde la garantie d’une intégration sociale et professionnelle grâce un parcours intensif et personnalisé de formation et d’accès à l’emploi.

« La garantie jeunes produit des résultats, c’est une victoire de la CFDT. Nous l’avons portée lors de la conférence sociale de 2014. La CFDT était la seule confédération à l’époque qui réclamait 100 000 garanties jeunes », s’est-il félicité.

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