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Pour le CEP, « le maillage territorial et la qualification des conseillers sont essentiels » (Catherine Fabre, députée rapporteure du projet de loi)

Députée La République en marche (LREM), Catherine Fabre a été nommée rapporteure du volet formation professionnelle et apprentissage du projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Le texte a été déposé au Conseil d’État et sera présenté en Conseil des ministres fin avril. Pour Le Quotidien de la formation, l’élue de la deuxième circonscription de la Gironde, fait le point sur les enjeux de la réforme.

Le Quotidien de la formation – Quel bilan faites-vous du groupe de travail sur la formation professionnelle et l’apprentissage que vous avez coordonné entre mi-décembre et mi-février ?

Catherine Fabre – L’objectif de ce groupe de travail transpartisan était de prendre de la hauteur et de saisir les enjeux de la réforme. Pour cela, nous avons étudié de nombreux rapports statistiques et auditionné des acteurs d’horizons différents : experts du secteur de la formation professionnelle, économistes, juristes, penseurs mais aussi associations de demandeurs d’emploi. Les études comparatives avec d’autres pays et les visites au Danemark et en Suisse ont élargi notre réflexion sur d’autres pratiques. À l’issue de ce travail, nous avons tous fait le même constat sur l’inégalité d’accès à la formation et les dysfonctionnements du système actuel. Il n’est plus adapté aux défis actuels des transitions professionnelles et des transformations du travail.

QDF – Vous avez suivi la négociation des partenaires sociaux. Que retenez-vous de leur accord ?

C. F. – J’ai trouvé la démarche intéressante. La négociation est partie d’un document d’orientation qui donnait clairement la direction et la philosophie de la réforme.

L’accord des partenaires sociaux va dans le bon sens : il étend les droits individuels et renforce l’accompagnement. Mais il reste dans la continuité de la réforme de 2014.

Avec le compte personnel de formation (CPF) et le conseil en évolution professionnelle (CEP), elle a posé les fondations du système de formation du futur. Mais les dispositifs et les principes qu’elle a créés ne se sont pas transformés en droits effectifs du fait de la complexité du système.

QDF – Quel est l’enjeu de la réforme pour vous ?

C. F. – Mon fil conducteur est de favoriser la compétitivité des entreprises, d’offrir à chacun une réelle autonomie en créant un système plus intuitif et d’accompagner et sécuriser les parcours professionnels. Les salariés doivent pouvoir prendre en charge le développement de leurs compétences transversales ce qui n’est pas toujours dans la logique des entreprises.

QDF – Les mesures annoncées par Muriel Pénicaud vont-elles dans le bon sens ?

C. F. – Avec le CPF en euros, renforcé pour les moins qualifiés, le projet permettra de financer sans intermédiaire un premier niveau de qualification. Il crée un droit effectif à la qualification. L’évolution de l’action de formation est une autre avancée. Les gens peu qualifiés ont souvent vécu des échecs en termes de formation et n’ont pas envie de revenir sur les bancs de l’école.

De nouvelles méthodes telles que la formation en situation de travail ou le partage de pratiques avec d’autres personnes peuvent les aider à reprendre confiance.

QDF – Sur quels aspects du projet de loi serez-vous vigilante ?

C. F. – Tout le monde ne pourra pas être autonome dans la définition de son projet et dans ses choix. L’identification et l’accompagnement des personnes les plus vulnérables sont des priorités. À mon sens, dans ce domaine, il y a un enjeu autour de l’entretien professionnel. C’est un bon outil qu’il serait intéressant de développer davantage.

En matière d’accompagnement, le maillage territorial et la qualification des conseillers sont essentiels.

Les acteurs qui vont délivrer le conseil en évolution professionnelle doivent être en mesure de fournir un service de proximité et de qualité à l’utilisateur final.

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