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Réforme de la formation professionnelle : le décret d’application de l’Afest attendu d’ici la fin de l’année 2018

La feuille de route de l’Afest (Action de formation en situation de travail) se précise. Chargés d’organiser l’expérimentation de cette nouvelle modalité de formation, le Copanef 1, le Cnefop 2, le FPSPP 3 et l’Anact 4 ont présenté leur rapport final mercredi 4 juillet. Inscrite dans le projet de loi « avenir professionnel » en cours de discussion au Sénat, l’Afest entre dans une deuxième phase de déploiement et d’appropriation par les entreprises et par les acteurs de la formation.

La phase de déploiement

Le coup d’envoi de cette grande mobilisation sera donné lors d’un séminaire organisé le 2 octobre prochain par les porteurs du projet. Au niveau du cadre réglementaire, les choses vont également s’accélérer. « Un décret d’application, co-construit avec les organismes qui ont mené l’expérimentation, sera publié d’ici la fin de l’année afin de préciser les règles et de sécuriser son financement », confirme Stéphane Rémy pour la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle). L’expérimentation lancée en 2015 et soutenue par le réseau de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) a mobilisé 13 Opca, une cinquantaine d’entreprises autour de 21 projets expérimentaux. « Il était nécessaire de s’appuyer sur cette expérimentation pour préciser les contours, formaliser les modalités de mise en œuvre et évaluer l’impact de l’Afest », rappelle Philippe Debruyne, président du Copanef.

Une modalité innovante

L’Afest s’articule autour de l’alternance de deux séquences : une mise en situation de travail aménagée à des fins didactiques et une séance réflexive animée par un tiers. Rompant avec le modèle traditionnel séparatiste entre école et entreprise, l’Afest engage fortement le management de l’entreprise. Dans la mise en œuvre mais aussi, en amont, dans l’ingénierie de la formation. « Nous avons identifié 7 phases dans la conception d’une Afest dans lesquelles la direction de l’entreprise doit s’impliquer. C’est particulièrement le cas pour le diagnostic d’opportunité, l’étude de faisabilité, la détermination des compétences visées, la sensibilisation du collectif ou encore le choix des professionnels appelés à devenir des formateurs Afest  », détaille Béatrice Delay pour le Cnefop.

Levier de certification

L’expérimentation a permis de dégager les bénéfices de l’Afest. Non seulement l’acquisition des compétences est plus rapide mais l’Afest crée de l’appétence pour la formation, améliore la qualité au travail et inspire de nouvelles pratiques managériales. Le rapport de l’expérimentation note ainsi une amélioration significative des relations professionnelles entre l’apprenant et le manager. Loin d’être négligeable, cette dimension contribue à alimenter les changements culturels et organisationnels que vivent aujourd’hui les entreprises. Autre élément relevé par les porteurs de l’expérimentation, l’Afest peut devenir un levier de certification et un nouvel outil du dialogue social.

L’Afest s’intègre très bien dans les logiques de parcours et de modularisation de la formation. Une branche peut s’en saisir pour construire une politique de certification », affirme Philippe Debruyne.

Les pistes dégagées par cette expérimentation pourraient enfin nourrir l’innovation dans les les réflexions autour de l’évolution des parcours en alternance.

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