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Stéphane Lardy : 10 semaines pour lancer France Compétences

Le ministère du Travail a annoncé mercredi 17 octobre la nomination de Stéphane Lardy à la tête de la mission de préfiguration de France Compétences. Un peu plus de deux mois. C’est le temps dont dispose Stéphane Lardy, jusqu’ici directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud, pour mener à bien la mission de préfiguration qui vient de lui être confiée par Muriel Pénicaud. Au ministère, il est remplacé par Alain Druelles, qui devient conseiller à la formation professionnelle et à l’apprentissage.

La mission devra être menée tambour battant, pour respecter le calendrier imposé par la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». C’est en effet dès le 1er janvier 2019 que ce nouvel établissement public prendra le relais des deux instances de gouvernance nationale (Cnefop [1] et Copanef [2]), se substituera au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) et remplacera la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP).

Fin politique

Spécialiste reconnu des questions de formation, mais aussi d’emploi, l’ancien directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud s’est forgé au sein du syndicat Force ouvrière une réputation de négociateur avisé lors des réformes de 2009 et 2013. La première était pour lui celle des « opérateurs », la seconde, celle des « dispositifs ». À l’occasion d’un portrait réalisé en 2013 par Inffo Formation alors qu’il était secrétaire confédéral de Force ouvrière pour la formation et l’emploi, il déplorait une vision politique « écurative » de la formation : « ce n’est pas en formant que l’on crée de l’emploi ! » Lucide, il estimait aussi qu’« en période de chômage de masse, le temps politique ne s’accorde pas avec le temps social ». Dans une interview bilan réalisée en 2016 à son départ de FO pour devenir inspecteur général des Affaires sociales, Stéphane Lardy défendait une certaine « continuité » sur la question des « droits personnels des individus », de la création du droit individuel à la formation (Dif) au compte personnel de formation (CPF). Il déclarait alors également, déjà, souhaiter « une meilleure articulation entre l’instance politique qu’est le Copanef et l’instrument financier qu’est le FPSPP ». Selon lui « singularité française », cette coexistence d’une instance politique et d’un instrument financier était de nature à « fragiliser [les acteurs paritaires] vis-à-vis des exécutifs ». Notre portrait, publié en 2013 alors qu’il était secrétaire confédéral de Force ouvrière pour la formation et l’emploi, le décrivait comme un « fin politique ». Une qualité qui ne sera pas inutile pour construire les nouveaux équilibres au sein de France compétences.

Bio

Né en 1966, Stéphane Lardy est docteur en sociologie et titulaire d’une maîtrise en sciences politiques et droit social. Il rejoint FO en qualité de juriste dès 1991, puis devient permanent au sein de la Fédération générale des travailleurs de l’agroalimentaire, de l’alimentation, des tabacs et services annexes du syndicat en 2001. En 2007, il est élu secrétaire confédéral chargé de l’emploi et de la formation. Au cours de ce mandat, Stéphane Lardy est négociateur des deux accords nationaux interprofessionnels relatifs à la formation professionnelle, qui seront transposés dans les lois du 24 novembre 2009 et du 5 mars 2014. Il est ensuite inspecteur général des affaires sociales (2016) avant de rejoindre le cabinet de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, en mai 2017, en charge des questions de formation professionnelle et d’apprentissage.

Alain Druelles quitte la DGEFP pour rejoindre le cabinet de Muriel Pénicaud
Successeur de Stéphane Lardy au cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, Alain Druelles occupera la fonction de « conseiller à la formation professionnelle et à l’apprentissage ». Comme l’actuel directeur de cabinet Antoine Foucher, Alain Druelles est issu du Medef, où il a exercé des responsabilités pendant 15 ans. Entré en 2002 comme coordinateur régional pour la formation professionnelle, il a ensuite occupé les postes de chef de service de la formation continue (2006-2010), directeur adjoint à la direction éducation-formation (2010-2015), puis directeur Éducation/Formation (2015-2017). Il avait depuis rejoint la DGEFP en qualité de chef de projet chargé du suivi de la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

En savoir plus sur Stéphane Lardy :

« La formation suivie devrait donner lieu à une reconnaissance dans l’emploi » (Stéphane Lardy), interview publiée dans le n° 901 d’Inffo Formation, daté 1er au 14 juin 2016 : format PDF – 211 ko
Stéphane Lardy, un fin politique à la tête du pôle formation de FO, portrait publié dans le n° 834 d’Inffo Formation, daté 16 au 31 mai 2013 : format PDF – 175 ko

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