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« Les entreprises et les branches doivent être décisionnaires dans le pilotage régional de France compétences » (Pierre Gattaz, Medef)

Lors de la dernière conférence de presse mensuelle avant sa succession mardi 12 juin, Pierre Gattaz, président du Medef, a précisé quels amendements au projet de loi « avenir professionnel » il souhaite voir adoptés.

L’agence nationale France Compétences ne doit pas être «  un“ machin bureaucratique”, mais une institution visionnaire, éclairée et agile, qui fonctionne en “bottom-up” plutôt qu’en “top-down”. La gouvernance est importante et on veut un maximum de chefs d’entreprise aux côtés des partenaires sociaux, des Régions et de l’État », a déclaré le président du Medef. Le syndicat des patrons désire « élargir la sphère de France Compétences, en faire une entité qui a un rôle d’impulsion, d’évaluation de la qualité, et pas seulement un régulateur financier comme cela semble se dessiner », rappelant que l’idée défendue par l’Accord national interprofessionnel du 22 février 2018 était celle d’un « lieu de concertation qui porte une vision, aussi au niveau régional ».

Pilotage régional

France Compétences aura des instances de décision régionales, dont la composition n’est pas encore tranchée mais qui pourrait être calquée sur celle des actuels Crefop (comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles), dont font partie les chambres consulaires. « Localement, on veut que les entreprises et les branches soient décisionnaires, qu’elles soient les principales pilotes dans les choix locaux de formations, de création ou d’évolution des CFA. Mais il faut un copilotage intelligent, et les CCI doivent avoir leur place, même si elles ont été malmenées par des baisses de budget, elles ont leur mot à dire », estime le président du Medef.

Co-construction du CPF

L’organisation patronale veut que les futurs opérateurs de compétences (Opcom), dont les contours et les responsabilités ne sont pas encore bien définis, puissent être « efficaces, agiles et réactifs ». Elle plaide toujours pour que l’utilisation et les choix de formations du compte personnel de formation (CPF) résultent d’une « co-construction entre le salarié et l’employeur, et que cet argent soit utilisé pour des formations qui répondent aux besoins de l’entreprise, sinon cela risque d’être une double peine pour l’entreprise  », a estimé Pierre Gattaz.

Nouveau fonds pour l’entrepreunariat rural

Par ailleurs, il a annoncé la création prochaine d’un fonds de dotation — « Y croire » — destiné à susciter l’entrepreunariat dans les territoires ruraux dévitalisés. « Aider à reprendre un commerce, à créer une entreprise, grâce à un accompagnement associatif que l’on va mettre en place, en nous inspirant de notre expérience dans les quartiers », a-t-il expliqué, faisait référence au partenariat du Medef avec l’association Les Déterminés, qui forme des jeunes de quartiers défavorisés à l’entrepreunariat et les accompagne pendant six mois.

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