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« Les Opco pourraient devenir des agences de France compétences » (Jean-François Foucard, CFE-CGC)

Le rapport Marx-Bagorski fixait le cap : regrouper les secteurs économiques en onze opérateurs de compétences, contre les vingt Opca préexistants, en respectant des critères de cohérence des métiers et des compétences ; de filière ou d’enjeux communs de compétences, de formation, de mobilité, de services de proximité et de besoins des entreprises (lire notre article). Pour Jean-François Foucard, secrétaire national Emploi, Formation à la CFE-CGC, le message était clair : « Pour nous, la loi redonnait le pouvoir aux branches, qui devaient négocier leur rapprochement pour que cela ait un sens, en partant du postulat que ce qui prime c’est la politique. L’outil ne vient que dans un second temps. Corrélat, cela signifiait aussi la fin des interpros, dans leur acception actuelle. »

Services de proximité

Si le travail a été relativement bien mené pour un certain nombre de branches, dont l’industrie 1L’Opco sera composé de quasiment toute la métallurgie, de l’énergie, des industries chimiques, pétrolières, pharmaceutique et plasturgie, de la maintenance industrielle, papier cartons, matériaux pour la construction et l’Industrie et une partie du textile.[/foonote], la négociation bloquée de l’Opco services (lire notre article) relève selon Jean-François Foucard d’une «  situation ubuesque  », les fédérations patronales s’arc-boutant selon lui sur les outils, au lieu de penser à la stratégie. Le rapport Marx-Bagorski souhaitait un Opco dédié aux « services de proximité et artisanat », qui aurait pu couvrir les artisans, les professions libérales, les métiers de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme.

Indépendance

Or, l’U2P souhaite s’appuyer sur Actalians (lire notre article), la CPME plaidant quant à elle pour Agefos PME et son réseau d’agences régionales. « Que la partie patronale qui se glorifie de son indépendance, demande l’arbitrage de l’État, c’est un peu surprenant. Par ailleurs, une structure confédérale qui va contre la volonté de ses branches (Opco services), cela relève d’un dysfonctionnement notable… »

Continuité

Pour Jean-François Foucard, «  dans dix jours, la fête est finie  », l’État ayant fixé le 31 décembre comme date butoir des regroupements. « L’année 2019 sera très importante : comment assurer la continuité de fonctionnement des Opca, en construisant des Opco, avec du personnel qui va bouger ? ». Le secrétaire national s’inquiète de la dimension sociale des fusions d’Opca, avec 10 à 20 % des salariés qui pourraient être concernés. « C’est un défi, le même que pour les Fongecif », pense-t-il. Même si tous les Opca ne seront pas concernés dans les mêmes proportions.

Incompréhension

L’effervescence actuelle relèverait d’une incompréhension de l’agenda gouvernemental, selon lui. Car les Opco sont désormais un «  grand trésorier  », avec quelques marges de manœuvre sur le support aux branches pour la partie Observatoire et la certification, mais guère plus. Les sections paritaires professionnelles (SPP) devaient demeurer « le représentant de la voix des CPNEF 2Commission paritaire nationale emploi formation.[/foonote] », même si le rapport Marx-Bagorski s’interroge sur la nécessité de les préserver. Dans la mesure où le gouvernement attribuera les fonds et pourra arbitrer les Opco, et où France Compétences décidera du coût contrat et des objectifs, il ne s’agirait là que d’une étape dans une transition plus importante vers une certaine nationalisation, estime Jean-François Foucard.

Tripartisme

« Si vous avez lu Révolution 3Révolution, Emmanuel Macron, XO éditions, 2016.[/foonote], vous savez que le président voulait un grand ministère de l’Activité et de la Formation…. Les Opco tels qu’ils sont structurés devraient devenir des agences de France Compétences, avec des logiciels communs, des procédures rodées. La CFE-CGC ne croit pas au tripartisme de gestion, il peut y avoir du tripartisme dans les idées, mais dans la gestion, c’est toujours l’État qui gagne. »

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