Accueil > Qualité de la formation > Qualité de la formation - Les points de vue > La réforme de la formation, « plus juste et plus lisible pour les salariés » (Béatrice Quertain, responsable formation KSB)

La réforme de la formation, « plus juste et plus lisible pour les salariés » (Béatrice Quertain, responsable formation KSB)

Responsable formation KSB et responsable du Training center KSB, Béatrice Quertain juge la réforme nécessaire et loue son souci de lisibilité. Entretien avec Le Quotidien de la formation.

Le Quotidien de la formation – Quelle est l’importance de l’effort formation chez KSB ?

Béatrice Quertain – Elle est doublement importante, en tant qu’employeur et en tant que fournisseur. KSB est une société industrielle, d’origine allemande, de matériels de robinetteries et pompes pour l’eau, pour l’énergie. Notre Training center forme à la fois nos salariés et les utilisateurs de produits. 50 formateurs forment 1200 personnes par an via 200 sessions. Ce centre est certifié OPQF et inscrit au Datadock.

Le Quotidien de la formation – Comment percevez-vous la réforme annoncée ?

Béatrice Quertain – Elle n’est pas étonnante et était nécessaire. C’est un domaine de spécialistes qu’il faut rendre plus lisible. Parmi les points positifs : le fait de freiner les logiques d’optimisation financière auprès des Opca ; la révision de la notion d’action de formation avec l’ouverture sur le numérique, les formations en situation de travail ; la réforme du CPF par sa monétarisation et l’ouverture des listes.. Cela me semble positif, plus juste, et plus lisible pour les salariés. L’insistance mise sur la qualité des prestations de formation — voire un contrôle des prix — me semble normale et bienvenue. Le fait de devoir prouver son rôle et son apport poussera à la création d’indicateurs de réussite dès le départ. Des indicateurs devant prendre en compte les effets d’organisation, l’implication des managers, le financement d’un vrai suivi… Cela donnera du crédit.

Le Quotidien de la formation – Vous constatez des points d’inquiétude ?

Béatrice Quertain – Les entreprises vont finalement verser davantage de cotisations qu’elles risquent de ne pas récupérer. Si elles ne construisent ni une politique volontariste d’alternance, ni un outil d’abondement financier du CPF, elles perdront l’usage de leurs cotisations légales. Il va donc falloir travailler au niveau de l’entreprise ou de la branche pour trouver des financements complémentaires. Les niveaux de prise en charge CPF de notre Opca (Opcaim) étaient jusqu’à présent bien supérieurs à 500 euros. De même, la fin des périodes de formation, l’autofinancement systématique du plan, va aussi pousser les RF à devoir défendre leur budget et prouver l’importance de leur rôle. Prouver notre apport dans la montée en compétence me semble légitime et normal. Dans les entreprises pro-formation comme KSB, cela sera entendu. Mais dans d’autres, ce sera plus difficile, et pas forcément pour de bonnes raisons. Enfin, la réforme du CPF repose sur un pari de changement de culture, vers plus de transparence à très long terme. Le travail sur l’autonomie et l’appropriation s’avère immense.

Le Quotidien de la formation – A quoi aspirez-vous ?

Béatrice Quertain – J’aimerais que la formation bascule dans une comptabilité d’investissement, plutôt qu’elle reste cantonnée dans une comptabilité de charge. Ce changement comptable constituerait la véritable révolution et faciliterait tous les investissements évoqués précédemment.

Partager cet article