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Quels enjeux et impacts de la réforme pour les organismes de formation (colloque Synofdes) ?

Le Syndicat national des organismes de formation de l’économie sociale (Synofdes) organisait le 14 juin une matinée consacrée au volet formation professionnelle du projet de loi relatif à la liberté de choisir son avenir professionnel, actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Quels sont les enjeux de transformation de la future loi ? Comment va-t-elle impacter les organismes de formation ? Consultant juridique, Jean-Marie Luttringer a mis en perspective les changements portés par la réforme.

Un droit (presque) universel

Selon lui, celle-ci rompt avec la vision et les pratiques antérieures sur plusieurs points. Elle signe « la fin de la gestion paritaire d’une contribution de nature fiscale », instaure « une régulation du marché de la formation par la certification et les normes qualité », et poursuit « l’individualisation et la personnalisation des droits » en donnant aux salariés « les capacités d’agir sur leur avenir professionnel ».

L’initiative et l’autonomie de la personne sont valorisées dans le choix des formations, mais l’idée d’un droit effectif et universel à la formation souffre, selon lui, de plusieurs écueils : « Ce droit ne concerne que les salariés », donc il n’est pas universel, il est tributaire de la capacité de négociation collective « qui est faible dans beaucoup de petites entreprises », et sa mise en œuvre par le salarié dépend du temps et des ressources accordés par l’employeur. « La réforme porte beaucoup d’innovations dans les intentions, reste à voir si elle modifiera durablement les usages », conclut Jean-Marie Luttringer.

Interrogations des organismes de formation

Le Synofdes, attaché aux principes de la réforme, a toutefois fait part de ses interrogations : « On en partage les objectifs, que l’on défend depuis longtemps, mais nous avons des inquiétudes sur les modalités de mise en œuvre », a indiqué son président Michel Clézio. « Car doter chaque individu d’un compte personnel de formation (CPF) monétisé et créer une application pour smartphone ne vas pas résoudre le problème d’accès à la formation des publics cibles : chômeurs, salariés de TPE, femmes à temps partiel, personnes non qualifiées, je n’y crois pas. Il manque une fonction régulatrice ». Plusieurs participants ont abondé dans ce sens et pointé l’insuffisance de l’accompagnement des bénéficiaires et de l’aide au choix des formations.

Opportunité

Difficile à ce stade de prédire quels seront les effets de la réforme sur les organismes de formation : les gens vont-ils réellement acheter de la formation ? Combien d’heures ? De quel type de formation ? Vont-ils s’emparer de l’application CPF sur smartphone ? « C’est une inconnue », souligne Michel Clézio, « mais notre rôle est de nous adapter et j’ai une totale confiance dans nos capacités d’adaptation, surtout si le Pic peut accompagner les financements d’ingénierie. » Enfin, note Jean-Marie Luttringer, « l’ouverture de l’apprentissage représente aussi une opportunité nouvelle pour les OF. »

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