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Loi Avenir professionnel : « L’État ne peut pas jouer seul » (François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire)

En marge de la rénovation d’un centre de formation d’apprentis (CFA) à Orléans, le président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau, a communiqué un courrier adressé le jour même à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dans lequel il lui demande « d’affirmer le rôle de la Région et des acteurs locaux » dans les décrets d’application de la loi relative à la liberté de choisir son avenir professionnel promulguée le 5 septembre 2018« Les attentes des Régions n’ont pas été prises en compte », a rappelé celui qui est également le président délégué de Régions de France : « La loi a été votée mais il reste encore les décrets qui vont être mis en place. Je souhaite qu’ils nous soient plus favorables », déclare l’élu.

Apprentissage, péréquation et représentativité

Dans le courrier adressé à Muriel Pénicaud, le président de Région demande que trois points soient pris en compte. À commencer par « l’affirmation dans les décrets du rôle de la Région au cœur du dialogue entre les acteurs de l’apprentissage ». Il souhaite ensuite « l’octroi de moyens financiers (…) nécessaires au développement d’un apprentissage qualitatif partout ». François Bonneau estime insuffisante l’enveloppe de péréquation de 250 millions d’euros prévus par la nouvelle loi pour les treize Régions. Les CFA en zone rurale se retrouveront « menacés », faute de soutien financier suffisant des Régions.

Enfin, François Bonneau demande que les Régions puissent disposer « au plan national et au sein de France Compétences d’une représentation très significative »« Si les Régions ne sont pas prises en compte, cette instance n’aura qu’une vision technocratique de l’apprentissage », commente-t-il. (Lire notre article).

Menace sur le développement de l’apprentissage

Pour étayer ses demandes, François Bonneau rapporte dans son courrier comment l’action portée par la Région Centre-Val de Loire et ses partenaires a permis à la collectivité d’être à la « première place en matière de formation par apprentissage ». Il précise également que, « au 1er septembre, nous avons obtenu une augmentation de 9,84 % des apprentis en première année » . Le président délégué de Régions de France fait part de ses craintes de voir une réforme qui risque d’inverser « la dynamique réalisée par les acteurs qui, jusqu’alors, ont porté le développement de l’apprentissage ». Le président de Région argue que fort des «  résultats remarquables de la Région », les décrets doivent prendre en compte sa demande.

Au delà des symboles

Ce n’est pas la première fois que François Bonneau souligne son désaccord quant à l’orientation prise par la loi Avenir professionnel. (lire notre article). « La loi a voulu, lors du débat, mettre des symboles en avant, détaille-t-il. Les décrets ont une dimension moins symbolique mais plus technique. L’État ne peut pas jouer seul. »

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